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La réponse du Yoga aux troubles du sommeil comme l'insomnie : aller au lit, ça s'apprend

Le sommeil est une phase naturelle indispensable à notre santé et à notre équilibre

Son impact sur la vie, la réflexion et l'action est incontestable.

Selon Vagbada, l'un des écrivains les plus influents de la médecine traditionnelle indienne, du sommeil "dépendent le bonheur et le malheur, l'obésité et la maigreur, la force et la faiblesse, la puissance et l'impuissance, la connaissance et l'ignorance, la vie et la mort".

Les dernières études neurologiques mettent en évidence les trois effets principaux du sommeil :

- d'abord, la restauration de l'intégrité du fonctionnement du corps et du cerveau,
- puis la consolidation des souvenirs et du savoir dans la mémoire durable,
- et, enfin, l'amélioration de la capacité à acquérir de nouvelles connaissances.



Ainsi, lorsqu'il a lieu dans le calme du corps et du mental, le sommeil a un effet réparateur qui permet d'aborder le lendemain de manière paisible et efficace.

En pratique, chacun d'entre nous répond différemment à ce besoin physiologique qu'est le sommeil

Certains déclarent ouvertement leur besoin ponctuel de faire la grasse matinée. D'autres considèrent que quelques heures de sommeil suffisent pour relancer la machine. D'autres encore pensent qu'un temps de sommeil homogène contribue à leur bonne hygiène de vie. Ainsi, tout comme ils se préoccupent de bien manger et de bien entretenir leur corps grâce à une activité physique, ils prennent soin de leur sommeil à leur manière. Cependant, il peut arriver à certains de "négliger" ce besoin physiologique par nécessité, conduisant alors à changer d'habitude de sommeil pendant un temps plus au moins long. C'est à ce moment qu'un terrain insidieux propice à l'émergence du "mauvais sommeil" ou des réveils nocturnes se crée.

C'est souvent le soir, lorsque la personne se retrouve seule, privée de la béquille du travail et des diverses occupations des journées souvent pressurisées et comprimées, qu'elle se met à cogiter, à tourbillonner, à ressasser pendant des heures interminables. Le corps anormalement fatigué s'agite et devient la proie de réactions à vifs inhabituelles. L'esprit engourdi et errant ressort fragilisé de ces nuits parfois blanches, car il n'a pas su ou pu se détendre.

La prise de somnifères et de tranquillisants, qui visent à traiter les symptômes des troubles du sommeil, peut aider à combattre les conséquences du dérèglement intérieur, dont l'insomnie n'est que l'une des formes de manifestation. La difficulté à prendre du recul et à lâcher-prise est un des facteurs pouvant occasionner ces tensions psychiques qui affectent la qualité du sommeil.

Les conséquences de l'insomnie sont nombreuses : stress, anxiété, déprime, surmenage. Ils accroissent la difficulté à se mettre au lit et aussi à s'abandonner à la nuit. Car s'endormir, c'est un peu s'absenter de nous-mêmes, des projections et des méprises qui fourvoient notre conscience. C'est aussi mettre au repos le « je ». C'est encore se retirer un temps du monde, sans cette hésitation ni cette crainte de ne plus se réveiller, de disparaître...

L'analyse des causes des troubles du sommeil aide à identifier les effets négatifs qui en découlent sur le plan du système nerveux, physiologique et également sur celui de l'équilibre de la personne. Elle permet aussi de s'orienter vers ses solutions non médicamenteuses qui cherchent à traiter l'insomnie. Les médecines douces, les thérapies comportementales, les psychothérapies, le Yoga en sont un bon exemple.

La réponse du Yoga aux troubles du sommeil

La réponse que le Yoga apporte aux turbulences nocturnes est de canaliser. Comment ? A travers la mise en place du processus d'auto-observation appelé svadhyâyâ (littéralement "une leçon sur soi"). Il s'agit d'observer ce qui se déroule en soi pour voir – c'est-à-dire identifier et comprendre – les dynamiques comportementales et les postures psychiques à fort risque d'insomnie.

La "leçon sur soi" à laquelle svadhyâyâ invite tente mettre en place chez la personne des éléments pouvant l'aider à se sortir du tourbillon des pensées, à se défaire des conjectures qui enlisent, à mettre aussi un point final à sa journée et à ses conversations difficiles. L'œuvre de canalisation des remous de l'âme passe par un travail de purification ("shaucha") des conflits qui érodent l'être et qui seul permet de supporter l'ascèse ("tapas") sans laquelle il ne peut y avoir ni compréhension de certains mental pattern ("svâdhyâna") ni aptitude à s'abandonner ("Ishvara-pranidhâna").

Parfois, il s'agit juste de prendre du recul par rapport aux événements et aux relations conflictuels. D'autres fois, cela demande un travail de réflexion plus profond sur les vraies urgences, les vraies priorités de la vie.

D'autres fois encore, il est simplement question de se rappeler qu'on ne peut pas s'imposer de dormir, que le cerveau ne s'éteint pas avec un interrupteur, et donc que "aller au lit", ça se prépare ! Et que cette préparation est l'une des clés du "bon sommeil".

"Aller au lit", ça se prépare !

Pour certains, ce travail de préparation se limite à appliquer quelques recommandations pouvant favoriser l'endormissement, tels que prendre un repas du soir léger, éviter tout stimulant (café, thé, tabac), toute activité (surexposition aux écrans de la télé, de l'ordinateur, du téléphone) et tout élément (les conversations difficiles) ayant un effet excitant sur le système nerveux. A l'inverse, faire des exercices posturaux et respiratoires à même de détendre le corps et l'esprit (une marche, parfois suffit), se coucher à la même heure, régulièrement. Pour ceux qui ont connu des formes sévères d'insomnie, un travail de fond est vivement conseillé par le bais d'un accompagnement professionnel individualisé, tel celui fourni par un cours particulier de Yoga, là où la pratique du corps et du souffle se complète par un travail de méditation.

Soigner un sommeil malade exige parfois de détricoter ces tissages fabriqués au fil des années pendant les heures de veilles qui agitent le mental, encombrent le cœur et la mémoire et crispent le corps. Détricoter implique d'élucider ("vydia") les mailles des ramifications inépuisables des pensées, des effets et des causes qui se multiplient et perdent la personne insomniaque dans le tourbillon des nuits blanches. Détrocter, c'est parvenir à (s')accepter. C'est parfois se pardonner soi-même, pardonner l'autre, en d'autres termes, arrêter de se faire violence ("ahimsâ"). Les intentions de cette œuvre de méditation sont diverses : réguler le chaos intérieur, calmer les angoisses, préparer une expérience d'écoute nécessaire pour faire apparaître les causes des troubles et en même temps retrouver le désir de les travailler afin de les rendre inoffensives.

On comprend bien alors que préparer le sommeil c'est aussi préparer le réveil et permettre que de nouvelles habitudes de penser, d'être et d'agir puissent voir le jour. Se réveiller, c'est reprendre pied, se re-connaître pleinement, profondément différend de l'être que l'insomnie avait effrayé.

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